Il est parti…

Mon papy nous a quitté hier matin très tôt, après s’être battu pendant deux semaines. Il avait 86 ans, c’est dans l’ordre des choses et pourtant ça a été très soudain.

Je l’avais vu une dernière fois mercredi soir, on avait fait le déplacement dans la soirée pour lui dire au revoir. Mais ce vieux monsieur que j’ai vu dans le lit, ce corps décharné dans des draps d’hôpital, cet être fatigué qui peinait à respirer ce n’était pas mon papy.

Ce corps, figé dans son cercueil que j’ai vu hier, ce n’était pas mon papy.

Mon papy, c’était ce grand monsieur qui me faisait un peu peur quand j’étais petite, qui me disait de me taire pendant les informations, mais moi je n’aimais pas me taire.
Mon papy c’était ce bricoleur qui m’avait fabriqué un garage pour mes petites voitures et un petit bar  pour jouer à la barmaid. Et qui buvait les boissons immondes que je lui faisais en mélangeant des tas de sirops à l’eau.
Mon papy c’était ce jardinier qui réussissait à tout faire pousser, grâce à qui on avait de beaux légumes, grâce à qui ma mamie faisait les meilleurs beignets de fleurs de courgettes du monde.
Mon papy c’était ce monsieur qui ne sortait jamais sans sa cravate, même pour aller acheter du pain.
Mon papy c’était ce monsieur qui n’aimait pas les chanteurs « de maintenant », qui aimait la musette et l’opérette mais avec qui j’ai dansé sur Haddaway le jour de ma communion.
Mon papy c’était ce monsieur d’un autre temps qui était juste heureux d’être arrière-grand père et qui idolâtrait la miss et Raoul, seul petit garçon d’une famille pleine de filles, même si je n’étais pas mariée.
Mon papy, c’était cette tête de mule qui ne voulait pas faire appel à quelqu’un pour couper ses haies, même s’il était épuisé après l’avoir fait.
Mon papy, c’était ce monsieur toujours amoureux de ma mamie, après 55 ans de mariage.

Maintenant il est parti, et il ne reste que de merveilleux souvenirs.

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