Ma toute petite grande

Ma fille.

Depuis ta naissance, nous avons ce lien si particulier. Si fort.
Tu me ressembles tellement. Pas physiquement, tu es aussi blonde que je suis brune, tu as les yeux dorés quand je les ai marrons. Mais tu es comme moi, tellement sensible. Ce que je cache derrière de l’humour, tu le caches derrière ce sale caractère.

Bébé, tu étais ce que certains appellent un bébé difficile, ce que d’autres appellent un BABI. J’ai toujours été là pour toi, je t’ai toujours protégée. Je t’ai allaitée longtemps et parfois, on me le reproche. Ton papa dit que c’est pour ça que tu es si difficile. Moi je ne pense pas. Tu es juste comme ça parce que tu ressens tout puissance mille.

Tu aurais été plus « facile », ton petit frère serait né plus tôt. J’aurais voulu des enfants rapprochés mais je n’étais pas prête à accueillir un autre enfant alors que tu avais si besoin de moi. Il y a donc quatre ans entre ton petit frère et toi.

J’aurais pensé que cet écart t’aurait facilité les choses, que tu aurais mieux vécu les choses en comprenant ce qui arrivait. D’ailleurs, les premiers mois avec ton petit frère se sont bien passés. J’ai commencé à travailler à temps partiel pour rester avec toi le mercredi, pour que nous ayons un jour juste pour nous. Pendant un an, j’attendais avec impatience le mercredi, ce jour où je préparais des activités, où nous allions nous promener, où on cuisinait toutes les deux.

Mais depuis quelques mois, depuis cet été, tu es devenue encore plus difficile. Toi qui es si adorable à l’extérieur, si sage et intéressée à l’école, tu deviens infernale à la maison. Tout est sujet à discussion, à cris, à crises. Maintenant, je redoute le mercredi. Je te laisse aller seule à la gym car j’ai l’impression que tu profites plus que quand je suis là. Et pourtant j’aimerais te voir faire des pirouettes arrière et des équilibres. Mais pendant ce temps, je prends un peu d’air pour affronter la journée qui arrive.

Je sais que tu as peur. Qu’on ne t’aime pas. Qu’on t’abandonne. Et pourtant je te le dis que je t’aime. Souvent. Je t’aime tellement fort que mon cœur pourrait exploser. Mais en ce moment, je n’en peux plus. J’ai épuisé mon stock de patience. Je ne peux pas faire plus que ce que je fais déjà.

Et puis, tu n’es pas seule. Tu as un petit frère. Que j’aime tout autant. Et je ne veux pas qu’il souffre de ton comportement.

On me dit d’aller consulter un médecin. Que ton comportement n’est pas normal. Mais je n’ai pas envie de médicaliser ça. Pas tout de suite. J’espère que ça va s’arranger tout seul. Avec le temps.

Encore faut-il que je tienne.

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