Une histoire d’amitié toxique et d’amour de soi

Je suis un peu une handicapé de l’amitié. Je n’ai pas d’ami(e) vraiment proche, de confident(e). Personne que je peux appeler ma/mon meilleur(e) ami(e). Ces dernières années, j’ai rencontré des gens formidables. Je peux même m’aventurer à dire que j’ai des amis. Mais j’ai toujours du mal. Du mal à me dire que les gens m’aiment vraiment. Que l’on m’apprécie pour moi, pour ma personnalité.

J’ai souvent des réactions disproportionnées, l’impression que l’on me met de côté, cette peur qui me colle à la peau. Ne pas être aimée.

On dit de moi que je suis sympa, voire même plutôt drôle. Mais voilà. J’ai un « passif » amical.

J’ai été une adolescente moche. Je le dis sans détours et sans pathos. C’est vrai, j’avais des gros sourcils, des lunettes moches et un appareil dentaire. Jusque l’âge de 12-13 ans, j’étais maigre comme un clou. Bref moche.

Au fil du temps, j’ai appris à améliorer mon apparence (LA découverte de la pince à épiler). J’ai toujours eu des tas de copines. Et une amie. Toxique.

On a commencé par se détester avant de devenir les meilleures amies du monde. Mais pas une amitié sur un pied d’égalité. On a commencé comme deux ados qui découvrent la vie, et puis on a changé ensemble sauf que…

Vous savez dans les films souvent, il y a la jolie fille et la copine banale. J’étais la copine banale. Elle était belle, mince, grande, avait un petit ami au lycée et des tas de fringues chouettes qui lui allaient comme un gant. Moi j’étais un peu moins grande, pas très jolie, un peu ronde et je m’étais énamouré d’un mec qui ne voulait pas de moi.

Notre amitié était uniquement basée sur une sorte de compétition qu’elle avait déjà gagné. J’enviais sa vie, son physique, ses amours et elle jouait avec ça. Cette histoire a duré de (trop) longues années jusqu’à ce que je me rende compte que cette personne n’était pas bonne pour moi. Elle m’a dit des choses affreuses et pour la première fois, je lui ai répondu. Des années de rancoeur, de non-dits, déballées en quelques minutes. La fin d’une amitié. Toxique. Le début d’une nouvelle vie en quelque sorte.

J’ai appris à m’aimer, mon visage un peu ingrat, mon gros cul, mon humour pourri. Je me suis rendue compte que ma vie était 100 fois plus chouette que la sienne.

Il y a peu, je suis tombée sur sa page Facebook. Nous avons deux vies tellement différentes. Elle n’a pas d’enfants, bosse dans la com à paillettes, fait des voyages aux quatre coins du monde avec son mec. J’envie un peu ses voyages mais pas sa vie. Je lui en veut un peu de son comportement. De m’avoir rendue si fragile dans mon relationnel. Et puis aussi je la remercie de m’avoir rendue plus forte. D’avoir fait que je m’aime. Un peu.

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