Dans un pays d’Europe, au 21e siècle…

On mutile les femmes…

Sur ce blog, on parle de trucs marrants, souvent. De ma vie de maman, de fringues, de maquillage, de puériculture…

Et puis parfois, j’ai envie de parler de choses plus sérieuses. Parce que je suis une femme, la mère d’une fille, la mère d’un futur mari (peut-être). Et que parfois, certaines choses me font sortir de mes gonds.

Il y a quelques jours, j’ai vu passer sur Twitter  un article d’Isabelle Alonso, écrit par Agnès Ledig, une sage-femme. Il parlait d’une pratique que je ne connaissais pas : le point du mari.

Alors, qu’est-ce donc que cette pratique? « Techniquement, il consiste, lors de la suture d‘un périnée déchiré, ou d‘une épisiotomie, à faire un dernier point supplémentaire pour resserrer l‘entrée du vagin, et permettre, lors de l‘intromission de Monsieur, un plaisir accentué. Pour lui. »

En gros, l’obstétricien (ou la sage-femme) ajoute un point à sa couture pour permettre à Monsieur de se sentir plus à l’étroit.

Et la femme dans tout ça? Au mieux, elle a subit une mutilation sexuelle sans conséquences physiques. Au pire, elle aura mal à chaque rapport sexuel.

Ces gynécologues, ces sages-femmes qui trouvent que l’excision est une mutilation sexuelle intolérable trouvent donc normal de mutiler des femmes pour le plaisir de leur mari.

Et de ce que j’en ai lu ces derniers jours, cette pratique a lieu souvent. Trop souvent. Dans notre pays civilisé.

Et tout ça me ramène à ma propre expérience. Je n’ai pas eu ce fameux point du mari. Mais j’ai eu deux épisios imposées.

Pour la Miss, j’avais fait un projet de naissance. Validé par le chef de service. Dans lequel je disais noir sur blanc que je ne voulais PAS d’épisio. Le jour J, alors que j’étais en train de pousser (un bébé de 3kg5 en siège avec un travail déclenché sans péri jusque 8), la sage-femme m’a annoncé qu’elle allait faire une épisio. J’ai eu la présence d’esprit malgré la douleur de dire que NON je ne voulais pas. « Mais Madame, pour un siège en voie basse, l’épisio est OBLIGATOIRE ». Et shlack! Elle a découpé ma chair.

Pour Raoul, point de projet de naissance. Point de siège. Un bébé dans le bon sens de 3k820. Un accouchement encore déclenché mais dans de bonnes conditions. Une péri posée au bon moment, pas de douleur. Un moment magique. Jusqu’au moment où la sage-femme m’annonce « Madame, maintenant, je vais vous recoudre ». Et voilà, une deuxième épisio, sans m’informer, sans me prévenir.

Et ma colère ne s’est pas arrêtée quand ce soir, j’ai lu un article de 20 Minutes (dont je ne vous mettrai pas le lien) où deux gynécos assurent leurs grands dieux que Agnès Ledig divague et que le point du mari n’existe pas…

Point du mari

Edit du 25/03 : petite précision concernant mon propos, je ne compare pas les séquelles du point du mari et de l’épisio mais je fais un parallèle entre deux actes imposés à la femme par le corps médical. Les sages-femmes qui m’ont imposé des épisios auraient tout aussi bien pu faire ce point supplémentaire en me recousant.

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