Encore un article sur la rentrée!

Hier, la Miss rentrait au CP. Alors forcément, j’ai envie de vous parler de ça. Parce que ça a occupé mon esprit toute la journée.

Je pourrais vous dire qu’elle avait mis sa nouvelle tenue et que ça lui allait rudement bien. Qu’elle a eu peur d’avoir froid alors qu’on a mis un legging noirs. Et qu’elle n’avait pas de chaussettes noires alors elle en a mis des blanches et que la Fashion Police n’aurait pas validé.

Je pourrais vous dire qu’on est arrivés bien trop en avance et qu’on a du poireauter une demi-heure car lister trois classes par niveau, c’est long.

Je pourrais vous dire qu’elle a fait la folle avec ses copines et qu’elle était en nage au bout de dix minutes.

Je pourrais vous dire qu’elle voulait très fort être dans la classe de Madame J. et que ça tombe bien, parce qu’elle y est.

Je pourrais vous dire que ses super copine L. et M. sont dans deux autres classes et que c’est pas très cool 🙁

Mais ce qui m’a marqué, ce sont ses larmes. Encore et toujours. Comme l’année dernière, et l’année d’avant. Et encore celle d’avant d’ailleurs.

Elle ne nous parlait pas trop de la rentrée ces derniers jours. Juste comme ça, plutôt du côté pratique, les fournitures, le cartable. Et puis un peu la crainte de la nouvelle école et du fait d’être séparée de ses copines.

Et puis lundi soir, les légères craintes se sont transformées en torrent de larmes. Elle ne voulait plus aller au CP, elle voulait aller en maternelle, non encore mieux, rester avec moi à la maison, et puis elle ne voulait aller ni à la cantine ni à la garderie, et puis qu’elle avait peur que les grands l’embêtent… Je suis restée vingts minutes à la consoler, à essayer de la rassurer. Et puis c’est passé. Elle s’est calmée et est allée se coucher (et s’est endormie à quasi 22h à cause de Raoul qui faisait le souk).

Mardi matin, elle s’est préparée sans trop se presser. Elle a mis sa jolie tenue, ses chaussures (qui courent vite), on a fait une queue de cheval bien haute et on est partis. On est à une minute de l’école donc ça a été vite. Arrivés sur place, elle a joué avec ses copines le temps que le tour du CP arrive. Première classe appelée : M. ne sera pas dans sa classe. Deuxième classe appelée : c’est celle de la maîtresse qu’elle veut avoir. Et il s’avère que c’est la sienne. Mais sans L. Ses deux meilleures copines ne sont pas avec elle mais elle retrouve quand même des têtes connues. On entre dans la classe et les enfants vont s’asseoir. Sauf la Miss. Perdue. Elle me dit qu’elle ne sait pas où s’asseoir, qu’elle ne connait pas la classe, elle s’accroche à moi, les larmes montent. Je l’accompagne près de ses copains qui ont tout déjà pris place. Il ne reste pas de chaise pour elle. Elle s’assied à côté d’un petit garçon inconnu puis se lève et vient pleurer dans mes bras. La maîtresse parle de ce qu’ils vont faire pendant la journée, pointe les enfants qui vont à la cantine (la mienne y va mais me dit qu’elle ne veut pas y aller). Et puis c’est le moment de partir, un petit bisous et les parents quittent un à un la salle de classe. Quelques mamans restent pour poser des questions à Madame J. Je lui fais mille bisous, mille câlins mais elle ne veut pas me lâcher. Elle pleure, s’accroche à moi, sous le regard mi-amusé mi-surpris de ses camarades de classe. La maîtresse me demande si c’est comme ça à chaque rentrée, je réponds que oui. A chaque rentrée et tous les jours qui suivent pendant un mois au moins. Elle me dit que non, que c’est une grande fille et que ça va aller. Et puis très doucement, elle la prend par la main, elle lui dit de s’asseoir au premier rang, pour pouvoir lui parler quand elle veut, même tout bas si elle ne veut pas que les autres enfants l’entendent. La Miss pleurait toujours à chaudes larmes alors je me suis enfuie, une grosse boule au ventre. Et dans la rue, j’ai pleuré.

Je ne sais plus quoi faire. J’ai l’impression qu’avec elle, rien n’est jamais simple. Qu’elle n’est jamais heureuse, jamais bien. La rentrée est problématique, le coucher, la nuit sont problématiques, les activités périscolaires sont problématiques, sa gestion de la frustration, sa jalousie sont problématiques. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus. Peut-être parce que je ne peux rien faire de plus. J’en ai marre. Je sais qu’elle est en souffrance, je voudrais qu’elle aille mieux, faire quelque chose pour elle. Mais je ne sais pas quoi et ça me bouffe. J’ai honte mais je ressens plus de colère et d’agacement envers elle que de compassion.

Et finalement, me direz-vous, cette journée, ça a été? Et bien OUI. Elle a passé une super journée. Elle s’est finalement assise à côté de sa copine V., elle a trouvé sa maîtresse super chouette, elle a adoré sa classe et a passé le temps de garderie en salle informatique. Je me suis dépêchée de sortir du boulot pour la retrouver le plus vite possible. Et au final j’ai eu un mal de chien à la faire partir… Tout ça pour ça…

 

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