Mercredi joli. Ou pas.

Hier, c’était mercredi. Mercredi le jour des enfants ou plutôt dans mon cas le jour de la Miss. Le jour que je lui dédie, depuis deux ans maintenant.

Hier, donc, je ne travaillais pas.

Hier matin, je suis allée à la mairie pour faire la carte d’identité de la Miss. Et puis je suis revenue à la maison pour récupérer le passeport de M. Farfalle car on ne m’avait pas dit que je devais avoir sa pièce d’identité aussi. Ben oui, on est pas mariés. Et puis je suis retournée à la mairie.

Et puis ensuite je suis allée faire des courses.

Et puis je suis rentrée, j’ai vidé le lave-linge, j’ai lancé une machine.

Et puis j’ai ramassé 254124 élastiques qui traînaient par terre.

Et puis la Miss a voulu faire de la peinture alors j’ai préparé l’atelier et puis je suis allée étendre la lessive qui était terminée. Et puis j’en ai mis une autre en route.

Et puis j’ai vu qu’il était déjà midi et qu’il était temps de préparer à manger.

Et puis très vite, ça a été l’heure de partir au premier cours d’éveil musical. Alors on est parties rejoindre la copines qui allait faire le cours avec la Miss. C’était très chouette, jusqu’à ce qu’on arrive à l’école de musique et que la Miss se rende compte que le cours se ferait sans les parents. Et puis là, j’ai eu droit à la totale : les pleurs, les « maman je ne veux pas y aller », les regards de travers des autres parents (qui devaient croire que je la forçais), les cris, la perte de patience, la fessée qui part, les larmes qui montent… Trente minutes horribles, durant lesquelles je me suis sentie la pire des mères. La Miss a fini par rentrer dans la salle, en larmes et moi je suis partie en courant. Je suis descendue faire les papiers, avec une réserve, si elle ne veut pas continuer, je ne l’inscris pas.

Et puis je suis sortie de l’école, tous les parents étaient partis profiter de leur heure de liberté. Moi je n’ai pas osé partir. Peur qu’elle sorte, peur qu’on me dise comme pour l’éveil artistique « Ça ne va pas être possible Madame, elle perturbe trop la séance avec ses pleurs ». Alors je me suis assise sur un muret devant l’école. Et j’ai pleuré. J’ai appelé ma maman, et j’ai pleuré au téléphone. Et puis j’ai raccroché et mon amie est revenue avec ses deux derniers. Et j’ai encore pleuré.

Et puis la Miss est sortie du cours. Evidemment elle a adoré, évidemment elle veut continuer « toute la vie », évidemment elle ne pleurait plus. Moi j’avais encore les yeux rouges, elle l’a remarqué mais n’a rien dit. Elle a juste serré ma main un peu plus fort.

Il y avait encore une lessive à étendre, des jouets à ranger, de la vaisselle à laver. Mais je n’avais pas le courage. Alors on a pris les vélos et on est allés goûter au parc. On y a passé deux heures, à discuter, sans penser à rien.

Et puis on est rentrées et c’était l’heure d’aller chercher Raoul.

Et j’avais prévu d’aller faire du sport. M. Farfalle m’avait envoyé des messages me disant qu’il n’était pas super motivé à garder les enfants.

Mais moi j’avais besoin de me défouler et surtout, de prendre du temps pour moi. D’oublier l’épisode de l’après-midi, les larmes, les cris, la fessée. Alors j’ai laissé les enfants, j’ai pris mon sac et je suis partie. Je me suis défoulé pendant une heure et puis je suis rentrée.

Je me suis fait à manger et puis j’ai mis une série. Je me suis installée confortablement avec un plaid pour regarder cette série. Parce que mon corps était un peu endolori après le sport. Parce que cette journée avait été difficile. Comme souvent le mercredi. Oui, je pourrais retravailler le mercredi et la mette au centre. Me débarrasser du problème. Peut-être que je suis maso mais si elle a besoin de moi, et tant que je peux, je reste. Même si le soir, je suis épuisée. Plus moralement que physiquement.

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