[Billet invité] La culpabilité

Aujourd’hui, pour ce troisième billet invité, j’accueille Claire alias Egalimère. Elle vient nous parler d’un sujet que tous les parents connaissent : cette vilaine culpabilité!

Tout d’abord, merci d’avoir proposé à quelques-unes d’entre nous de venir poser nos mots chez toi.

C’est un exercice plus difficile qu’on ne le croit d’avoir à s’exprimer sur le blog de quelqu’un d’autre.

Sur le nôtre, c’est facile, il suffit de respecter notre « ligne éditoriale » et de publier des articles sur les sujets qui nous tiennent à cœur, des coups de gueule parfois…

Venir chez toi, c’est d’abord apprendre à découvrir ton univers, tes goûts, tes passions, tes loisirs… c’est ensuite se sentir gauche de ses deux mains lorsque tu parles de couture, tricot, crochet et bricolage… c’est apprendre des petites astuces beauté ou mode et se rendre compte qu’on passe complètement à côté des tendances du moment tellement on a la tête dans notre quotidien.

Mais c’est aussi apprendre à déculpabiliser de ne pas correspondre au parent parfait que la société nous renvoie sans cesse, de ne pas toujours être performant-e dans ce rôle qui peut être parfois si difficile à tenir et se sentir moins seul-e à penser qu’on a « des enfants fabuleux mais parfois terriblement chiants »…

La culpabilité, elle m’est tombée dessus dès la grossesse, sans que je ne m’y attende, en traitre, comme ça, sans prévenir. Ça a commencé par ce morceau de foie gras, cette viande saignante, ces fruits de mer dégustés juste avant d’apprendre qu’il y a tout un tas de chose en « ose » qui risquaient de me tomber dessus : listériose, toxoplasmose…

Ça a continué avec ce corps qui se déforme, ces kilos (en trop ?) qui s’affichent sur la balance, ces remarques sur ce ventre trop ou pas assez rond…

Elle est revenue avec force en sortant du service de néonatalogie où je venais de laisser mon petit prématuré entre les mains expertes des puéricultrices. J’ai croisé ce couple rencontré quelques jours plus tôt alors que j’étais venue un peu inquiète à cause de petits saignements avant de repartir le lendemain pensant que tout irait bien. Ils étaient là, leur joli bébé aux grosses joues bien roses dans le cosy, prêts à rentrer chez eux tandis que le mien me semblait si petit, si fragile et que je ne pouvais pas l’avoir avec moi… Qu’est-ce-que j’avais donc bien pu faire pour que mon fils arrive si tôt ?

Elle était encore là au moment de l’allaitement qui ne se passait pas bien parce que mon enfant était trop faible pour téter…

Elle a surgit quand j’ai repris mon activité professionnelle et que je déposais mon fils à la crèche toute la journée…

Bref, elle a fait son entrée dans ma vie et depuis, elle est toujours là, tapie dans un coin mais surgissant à chaque « faux pas » que l’on peut faire dans la vie de parent : comme cette fois où j’ai crié un peu fort après mon fils, ou alors, ces moments où j’ai pu lui dire des choses horribles parce que j’étais excédée, ce jour où je ne travaillais pas mais où je l’ai quand même laissé à la crèche pour avoir du temps pour moi, cette impression de m’ennuyer quand je l’amène au parc, ces gâteaux d’anniversaire que j’achète tout fait, ces goûter avec les copains que je suis incapable d’organiser en m’y prenant des semaines à l’avance, ce petit frère qui arrive alors qu’il était le centre de notre monde, cette maladie que je n’ai pas décelée et qui a conduit un de mes enfants à l’hôpital en urgence, cette vie professionnelle qui m’accapare alors que les enfants grandissent vite et qu’il faudrait être auprès d’eux pour en profiter au maximum…

Oui, Madame la Culpabilité s’est bel et bien incrustée dans ma vie. Elle a souvent eu le dessus, me tirant des torrents de larmes et de multiples interrogations, mais petit à petit, elle perd du terrain parce que, plus ça va, plus je me rends compte que je ne suis pas la seule à me sentir coupable de ne pas être ce parent parfait qu’il faudrait être au regard des autres. Plus ça va, plus je comprends que l’essentiel, ce n’est pas de me mettre la pression pour ressembler à quelqu’un que je ne suis pas, non, l’essentiel, c’est que mes enfants soient heureux et vivent en harmonie dans le monde que les entoure.

Après tout, qu’est-ce qu’un parent parfait si ce n’est celui qui ne veut que le meilleur pour son enfant ?

Illustration de Fanala
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