[Lecture] La vraie vie d’Adeline Dieudonné

Voilà mon premier coup de coeur littéraire de l’année avec un roman que j’avais acheté en version audio dès sa sortie.

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.
Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

Dans la foultitude de sorties de la rentrée littéraire, ce premier roman m’avait interpellée. Le résumé de l’histoire est assez classique, une famille qui vit sous l’emprise du père qui semble un homme dominateur. J’étais curieuse de découvrir quel serait l’accident mais aussi quelles en seraient les conséquences.

J’ai choisi le format audio car j’ai pas mal de lectures en cours sur ma liseuse mais je vous avoue que le fait que ce soit l’autrice qui lise son roman m’a fait un peu peur. J’ai eu quelques désagréables expériences avec des auteurs qui ne sont pas comédiens. Et bien sachez que c’est ici un sans faute. Adeline Dieudonné est une excellente narratrice et l’habillage sonore est parfait.

Le roman suit sur plusieurs années cette famille dysfonctionnelle. Le frère et la soeur, très proches pendant leur enfance mais qui vivent ensemble un drame qui va les changer à jamais. Le père, chausseur et prédateur dans tous les sens du terme et la mère, petite chose qui ne dit rien et laisse faire.

Et puis il y a les personnages secondaires, le professeur et sa femme, le couple de voisins. Tout ce petit monde gravite autour de la famille en ayant une empreinte plus ou moins directe sur leur vie.

J’ai aimé ce roman pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’écriture simple et fluide de l’autrice qui ne fait pas de chichis pour décrire cette vraie vie qui fait froid dans le dos. Et puis le choix d’utiliser la fille comme narratrice, un personnage extrêmement bien travaillé au niveau psychologique. Et cette violence, sourde, pesante derrière chaque mot. C’est un récit aussi oppressant qu’il est simple, jusqu’à la dernière page.

L’Iconoclaste – 266 pages
17€ en format broché, 12€99 en ebook et 15€99 en livre audio
Prix Renaudot des Lycéens 2018 – Prix du roman FNAC 2018

Catégorie 46 de mon challenge lecture : Un livre qu’on écoute en version audio

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