[Maman] Une enfant zèbre à la maison

Depuis toujours, lorsqu’on parle de la Miss, on la décrit comme compliquée, à part, spéciale, hypersensible… On en rit, on dit qu’elle est attachiante, parfois juste chiante…

Depuis cinq ans que je tiens ce blog, j’ai souvent écrit sur son caractère difficile, sur ses nombreuses peurs et parfois même je m’en suis voulue en relisant mes billets et en me rendant compte que je parle souvent des aspects négatifs de sa personnalité. Depuis toujours, j’ai eu du mal à gérer ce qui était indéniablement une différence. Ses peurs irrationnelles, sa difficulté à se détacher de moi, sa peur du docteur, les couchers cauchemardesques mais aussi sa passion depuis des années pour tout ce qui a trait à la grossesse ou son goût immodéré pour les maths.

C’est une petite fille compliquée, dont on ne peut pas prévoir les réactions. Qui peut disserter des heures sur la création du monde puis rester devant un dessin animé débile. Qui a un humour fin et qui maitrise le second degré mais qui se met à pleurer à la moindre contrariété. Qui adore Star Wars mais a peur devant certaines scènes de Mia et Moi.

C’est une petite fille aussi agréable que difficile à vivre. Avec qui chaque journée rime avec négociation pour tout et pour rien (elle réussit même à négocier quand on est d’accord avec elle). Qui adore s’affaler dans le canapé mais est incapable de manger sans avoir une fesse en l’air. Et qui se lève douze fois pendant le repas.

C’est une petite fille qui adore l’école et a des tas de copines. Mais qui refuse désormais d’aller à la garderie car elle trouve que les animateurs sont méchants et qu’ils ne lui font rien faire d’intéressant. Qui fait ses devoirs pendant la classe et se réjouit quand la maitresse lui donne des devoirs supplémentaires pour la faire patienter. Qui lit 5 livres en même temps mais a du mal à en finir un seul. Qui range sa trousse méthodiquement chaque soir mais perd ses affaires en permanence (je vais prendre des actions chez Top Office).

Jusqu’alors, je disais que c’était une petite fille compliquée. Une petite fille qui me pompe mon énergie. Presque 8 ans à ce rythme, à essayer de tout faire pour elle mais à avoir l’impression de toujours tomber à côté.

Et puis en octobre dernier, la décision de me tourner vers quelqu’un pour nous aider. Plusieurs consultations chez une super pédo-psy qui a su la faire parler, débloquer certaines choses et qui a évoqué une piste. Une piste qui m’était déjà venue à l’esprit. Un mot qui fait un peu peur et qui est souvent mal compris ou mal perçu. Précocité.

Comme la psy nous l’a dit, c’est un mot qu’on entend souvent en ce moment. Comme si c’était à la mode. Ça n’est pas à la mode, ça a toujours existé. Sauf qu’avant on disait de ces enfants qu’ils étaient soit surdoués soit que c’était des enfants terribles. Car le nombre d’enfants précoces en échec scolaire est très important.

Après que la psy ait évoqué cette possible précocité, ce Haut Potentiel, j’ai commencé à me documenter un peu. Sur les blogs, les forums… Et très souvent, j’ai retrouvé ma fille dans les descriptions. Sur ce billet des tribulations d’un petit zèbre, je la retrouve tellement! J’ai eu l’impression de lire ce qui fait mon quotidien… On dirait bien que nous aussi avons une enfant zèbre à la maison…

Après réflexion et des tas de questions (notamment la principale : « En quoi ça va faire avancer le schmilblick? »), on a décidé de faire tester la Miss. Elle a donc passé le WISC-IV qui est un test pour les enfants de 6 à 16 ans. Et nous avons eu les résultats jeudi. La psy a pris le temps de tout m’expliquer et de répondre à mes (nombreuses) questions et à celles (moins nombreuses) de la Miss. Son test a montré un Haut Potentiel pour un résultat de 134. Des résultats plutôt homogènes et un plafond explosé sur la partie Raisonnement Perceptif. Elle a fait preuve pour cette partie d’une facilité et d’une rapidité impressionnantes. En revanche, tout au long du test, elle a montré un manque de confiance en elle. A chaque début d’exercice, elle s’exclamait la même chose « Oh c’est dur, je ne vais jamais y arriver ». Avant de faire et de réussir sans souci l’item.

Bon. Et maintenant?

J’avoue que les mots étant posés, s’est posée la question de savoir ce que ça va changer pour nous et en quoi ça va nous aider à la comprendre. Un Haut Potentiel, ça n’est pas qu’une intelligence supérieure. C’est avant tout une façon différente de penser et d’appréhender les choses. Et c’est là tout l’enjeu de la situation. Comprendre sa manière de réfléchir pour tenter d’apprendre à réagir de manière appropriée.

La route est longue mais on va y arriver! Et d’ailleurs, je suis preneuse de pistes et d’informations sur le sujet!

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