[Lecture] Le malheur du bas d’Inès Bayard

Pour cette rentrée littéraire, je n’ai pas eu énormément d’envies de lectures contrairement à l’année dernière. Les livres qui me donnent vraiment envie se comptent sur les doigts d’une main.

Le malheur du bas, de par son thème mais surtout par la façon dont il est traité m’a immédiatement donné envie. Les critiques étant très bonnes, j’ai décidé de le lire la semaine dernière.

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Attention, si le thème du viol vous est difficile, je vous conseille de ne pas poursuivre la lecture de ce billet.
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 « Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. » Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol.

Ce fut une lecture difficile, dérangeante et presque douloureuse.

Le livre commence par la fin, une scène de mort. Marie a tué son fils et son mari et elle s’est donné la mort. J’ai lu pas mal de comparaisons avec Chanson douce de Leila Slimani de par cette scène introductive. Pour moi, la comparaison s’arrête là.

Marie vit une vie tranquille avec son mari avec qui elle a des projets d’avenir. Ils s’aiment comme au premier jour et prennent la décision de faire un enfant. Laurent est avocat et son activité prend de l’essor. Dans le même temps, Marie se contente d’un travail de bureau qui lui suffit et lui plait. Leur vie est réglée comme du papier à musique et ils sont heureux.

Un soir, tout bascule. Marie est violée par son supérieur hiérarchique et elle se tait.

Elle souffre en silence et autour d’elle personne ne se rend compte de rien. Elle est détruite mais ni son mari, ni sa famille ni ses amis ne se rendent compte du changement qui s’est opéré en elle. Quand elle se rend compte qu’elle est enceinte, elle en est persuadée, c’est l’enfant de son violeur. Mais autour d’elle, encore une fois, personne ne se rend compte de son mal-être. Elle est enceinte donc elle doit être heureuse et la priorité, c’est cet enfant à naître. Plusieurs fois, elle songe à s’en débarrasser mais elle n’y parvient pas. Elle accouche d’un enfant qu’elle ne parvient pas à aimer, même pas à regarder. Elle s’en occupe mais elle fait le minimum car il représente ce qui l’a détruite.

C’est un roman très dur car tout est très explicite. La scène de viol est très précisément décrite et j’avoue avoir eu du mal à la lire. La descitpiton de l’acte en lui-même est très précise : les actes, le ressenti de Marie dans sa tête et dans son corps. A la suite du viol et pendant tout le livre, il est question à la fois de ce que Marie ressent mais aussi de la façon dont son corps réagit. La description des suites du viol est éprouvante. On souffre pendant la lecture mais c’est une souffrance de compassion, on ressent au plus profond de soi ce qu’elle ressent.

A aucun moment Marie n’est présentée comme une victime. Elle s’enferme sur elle-même, sur sa douleur jusqu’à la folie. On peut avoir du mal à comprendre ses réactions mais au final, qui sait comment on réagirait dans la même situation?

Un livre dur mais essentiel. Gros coup de coeur.

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