[Lecture] N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell

N'essuie jamais de larmes sans gants

Voilà bien longtemps que je n’avais pas été aussi touchée par un livre. D’ailleurs, cela faisait des mois que je n’avais pas consacré de billet à une seule de mes lectures…

C’est lorsque que j’ai regardé la (formidable) mini-série « It’s a sin » que j’ai découvert ce roman car Nipette avait fait un parallèle entre les deux histoires. Elle avait adoré ce roman alors il avait atterri dans ma PAL déjà bien garnie. Je l’ai commencé il y a quelques semaines maintenant. Et je viens seulement de le finir, non pas que je ne l’ai pas aimé, bien au contraire. Mais il m’a tellement remuée que j’ai eu besoin de temps pour le lire.

Rasmus quitte enfin la Suède profonde pour Stockholm où il va pouvoir être lui-même et ne plus se faire traiter de pédé mais l’être vraiment.
Benjamin vit dans les préceptes et le prosélytisme inculqué par ses parents. Sa conviction vacille le jour où Paul, qu’il est venu démarcher, l’accueille avec simplicité et bienveillance, et lui lance « Tu le sais, au moins, que tu es homosexuel ? »
Rasmus et Benjamin vont s’aimer, et l’un d’eux va mourir, comme tant d’autres. Ils étaient pleins de vie, une bande d’amis qui s’étaient choisis comme famille. Ils commençaient à être libres lorsque les premiers malades séropositifs au VIH furent condamnés à l’isolement.

Lire ce roman est difficile. Pas parce qu’il est mal écrit, justement tout l’inverse. Jonas Gardell sait brillamment nous emporter dans l’histoire de ces jeunes hommes qui peuvent enfin être eux-mêmes. Il alterne le passé et le présent avec brio, sans jamais perdre le lecteur.

On suit Rasmus, un jeune homme qui vient d’une petite ville de Suède où il est marginalisé car il est différent. Fils unique de parents déjà âgés, il est leur trésor mais il ne trouve pas sa place. On se moque de lui, de sa façon d’être, il étouffe et n’aspire qu’à être libre.

On suit Benjamin, élevé dans la foi des Témoins de Jéhovah. Il tente d’être le fils que ses parents désirent. Un parfait témoin, qui jour après jour prêche et tente de rallier d’autres personnes. La plongée dans la vie d’une famille de Témoins de Jéhovah est aussi passionnante que flippante. Quand on aime, on surveille et on dénonce. Et quand on est homosexuel, on fait un choix.

Un jour, Rasmus et Benjamin se rencontrent et tombent amoureux. Ils ont des hauts et des bas, comme tous les couples. Et puis le Sida arrive. Leur groupe d’amis est touché et comme dans It’s a sin, on voit comment la maladie arrive, inconnue, effrayante…

L’auteur rapporte les titres de journaux, les débats scientifiques, l’avis populaire, les on-dit sur le Sida au début des années 80.

J’ai mis plusieurs semaines pour lire les quelques 600 pages de ce roman car je l’ai lu presque en apnée. A certains moments, j’ai senti que je devais arrêter, que j’avais besoin de légèreté pour pouvoir continuer. Voilà bien longtemps que je n’avais pas ressenti un tel coup de poing en lisant un roman.

Il est dur, il est beau, il est à lire. Vraiment.

5 thoughts on “[Lecture] N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell

  1. Girls n Nantes says:

    j’avoue je ne pourrais pas le lire car je pense que je reconnaitrais des proches dedans et que quand je lis j ai besoin de legereté
    mais bon en ce moment je lis Porno de Irvine Welsch alors c est pas si léger, bref…

    Répondre
  2. Carole Nipette says:

    En te lisant je retourne dans toutes les émotions que j’ai senties à la lecture de ce roman… Pour moi l’histoire d’amour de Benjamin et Rasmus fait partie des plus belles que j’ai jamais lues…
    Je pense que je relirai ce roman dans quelques années…
    En tout cas je suis contente que tu aies ressenti la même chose que moi et peut être grâce à toi, d’autres personnes auront envie de le lire et ressentiront la même chose…

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.